Bulletin Paroissial Mars- Edito

EXTRAITS DES ORIENTATIONS DIOCESAINES DE NOTRE EVEQUE MGR LAURENT PERCEROU

 PROMULGUEES LE 4 FEVRIER 2024…

Se mettre en route, marcher ensemble, en grec « sun-odos », c’est l’étymologie du mot « Synode ». Une étymologie qui vient nous rappeler que l’Eglise est un peuple en marche, un peuple de pèlerins, des pèlerins marqués, chacun, de la grâce du baptême qui les établit enfants de Dieu et serviteurs, à des titres divers, de la mission. C’est à partir de cette image du Peuple de Dieu que nous pouvons comprendre les trois notes qui guident le travail du Synode romain : « Pour une Eglise synodale : communion, participation, mission ». Le Pape François explicite ces trois notes dans son discours à la curie du 28 décembre 2021, je le cite

La participation. Elle devrait s’exprimer par un style de coresponsabilité. Certes, dans la diversité des rôles et des ministères, les responsabilités sont différentes, mais il serait important que chacun se sente impliqué, coresponsable du travail, sans vivre la seule expérience dépersonnalisante de l’exécution d’un programme établi par quelqu’un d’autre (…) Je vous encourage à travailler pour que nous soyons capables de générer des dynamiques concrètes dans lesquelles tous sentent avoir une participation active dans la mission à accomplir. L’autorité devient service quand elle partage, implique et aide à grandir.

La communion. Elle ne s’exprime pas en termes de majorités ou de minorités, mais elle naît fondamentalement de la relation avec le Christ : le Christ au centre. Ce qui fortifie la communion c’est de pouvoir aussi prier ensemble, d’écouter la Parole ensemble, de construire des relations qui ne relèvent pas du simple travail et qui renforcent de bons liens, de bons liens entre nous, en nous aidant les uns les autres. La perspective de la communion implique, en même temps, de reconnaître la diversité qui nous habite comme un don de l’Esprit Saint. Chaque fois que nous nous écartons de cette voie et que nous confondons communion et uniformité, nous affaiblissons et réduisons au silence la force vivifiante de l’Esprit Saint au milieu de nous.

La mission. Elle est ce qui nous évite de nous replier sur nous-mêmes. (Il s’agit d’être) cette Eglise en mouvement de sortie de soi, de mission centrée en Jésus Christ, d’engagement envers les pauvres. Seul un cœur ouvert à la mission garantit que tout ce que nous faisons est toujours marqué par la force régénératrice de l’appel du Seigneur. Et la mission implique toujours une passion pour les pauvres, c’est-à-dire pour ceux qui sont « en manque »: ceux qui « manquent » de quelque chose, non 5 seulement en termes matériels, mais aussi spirituels, affectifs et moraux. Qui a faim de pain et qui a faim de sens est également pauvre. L’Eglise est invitée à aller à la rencontre de toutes les pauvretés, elle est appelée à annoncer l’Evangile à tous parce que tous, d’une manière ou d’une autre, nous sommes pauvres, nous sommes en manque. Mais l’Eglise va aussi à leur rencontre parce que eux nous manquent : leur voix, leur présence, leurs questions et leurs discussions nous manquent. Celui qui a un cœur missionnaire sent que son frère lui manque et, avec l’attitude du mendiant, il va à sa rencontre. La mission nous rend vulnérables, elle nous aide à nous rappeler notre condition de disciples et nous permet toujours de redécouvrir la joie de l’Evangile. Participation, mission et communion sont les caractéristiques d’une Eglise humble qui se met à l’écoute de l’Esprit et place son centre en dehors d’elle-même.

C’est dans cet esprit que je vous présente maintenant les orientations diocésaines. Elles sont le fruit de la réflexion des membres des huit groupes de travail et de bon nombre de diocésains qui y ont été associés et que je tiens ici à remercier du fond du cœur.

 Les orientations : des chemins d’avenir

Depuis plus d’un an, nous avons cherché à revoir notre organisation parce que nous avons conscience des défis nouveaux qui se présentent à nous… Parce que nous avons conscience aussi que nos moyens ne sont pas les mêmes qu’hier et que les sacrifices qu’il nous faudra consentir doivent être l’occasion, l’opportunité, de déplacer les priorités, d’abandonner ce qui ne marche plus et d’accompagner les initiatives missionnaires nouvelles qui se font jour, de susciter aussi de nouveaux chemins pour l’annonce de l’Evangile.

Ces orientations seront mises en œuvre dans le temps, dans les trois années qui viennent, afin d’avancer avec sagesse, douceur et dans le respect des personnes. Certaines orientations seront d’abord expérimentées puis évaluées avant d’être, si elles s’avèrent pertinentes, généralisées.

La Mission : L’Eglise existe pour évangéliser.

Evangéliser est, en effet, la grâce et la vocation propre de l’Eglise, son identité la plus profonde. Elle existe pour évangéliser. (Evangelii Nuntiandi 14) Evangéliser, nous dit le Pape Benoît XVI, c’est « devenir signe vivant de la présence du Ressuscité dans le monde. Ce dont le monde aujourd’hui a particulièrement besoin, c’est du témoignage crédible de tous ceux qui, éclairés dans l’esprit et dans le cœur par la Parole du Seigneur, sont capables d’ouvrir le cœur et l’esprit de beaucoup au désir de Dieu et de la vraie vie, celle qui n’a pas de fin » (Benoît XVI, Lettre apostolique La porte de la foi, n° 15). Lorsque le Pape Benoît écrit ces lignes, il mesure les conséquences de la sécularisation et l’urgence, en nos pays de vieille chrétienté, d’enclencher une conversion pastorale missionnaire qui aura nécessairement pour conséquence de quitter des pratiques pastorales auxquelles nous sommes parfois trop attachés mais qui, objectivement, ne portent plus de fruits. Et nous voyons, d’ailleurs, des signes encourageants qui nous invitent à mettre en œuvre résolument cette conversion :

▪  La hausse importante du nombre des catéchumènes jeunes et adultes,

▪ La réflexion menée dans certaines paroisses, et souvent avec succès, pour que les préparations aux sacrements deviennent de véritables itinéraires d’initiation à la foi dans lesquels on essaie de prendre le temps d’ouvrir les cœurs à la grâce de la rencontre du Christ qu’offre le sacrement,

▪ Le projet de la Maison de Marie sur les paroisses de Ste-Croix en Châteaubriant et St-Joseph du Don qui se veut être un pôle rayonnant missionnaire pour ce vaste secteur rural ou encore le projet de renouveau du Calvaire de Pontchâteau porté par les congrégations de la famille montfortaine et le diocèse afin d’en faire un lieu de pèlerinage pour notre diocèse et au-delà, dans les pas du Christ qui donne sa vie par amour pour notre Salut, un lieu également de ressourcement spirituel pour les jeunes et les adultes, ouvert largement à nos frères et sœurs en fragilité, à l’école de St-Louis-Marie-Grignon-de-Montfort.

▪ La bonne santé des parcours pour les recommençants dans la foi,

▪ Le souci porté par des mouvements ou des communautés nouvelles de mettre en œuvre de nouveaux modes de présence missionnaire dans les quartiers populaires, dans le monde rural et en des lieux où l’Eglise a du mal à se faire proche, Et il y a bien d’autres signes porteurs d’espérance que je ne peux malheureusement pas tous signaler ici…

Et qui nous appellent à avancer avec audace !

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